Planter un kiwi grimpant : réussir sa plantation et son entretien
Un kiwi bien conduit couvre une pergola en quelques saisons, donne de l’ombre en été et remplit le panier à l’automne. Pourtant, beaucoup de jardiniers renoncent après un essai : plant installé sans support, liane qui part dans tous les sens, feuillage généreux mais peu de fruits. Un kiwi grimpant n’est pas une plante difficile, il demande simplement une bonne structure dès le départ.
Parmi nos grimpantes fruitières, deux variétés de kiwi répondent à la plupart des projets : ‘Jenny’, autofertile, qui fructifie seule, et ‘Golden’, à la chair jaune et sucrée, qui a besoin d’un pied mâle à proximité. Selon la place disponible et la saveur recherchée, l’une ou l’autre trouvera sa place contre un mur, sur une pergola ou le long d’un grillage solide.
Une précaution avant de commencer : cette grimpante est une liane puissante, lourde une fois chargée de fruits. Un support trop léger finit par plier, et un plant laissé sans palissage produit beaucoup de feuilles pour peu de récolte. La structure compte donc autant que le choix de la variété.
Voici comment planter un kiwi dans de bonnes conditions, installer un palissage qui dure, puis assurer l’entretien et la récolte au fil des saisons.
Quelle variété de kiwi choisir : ‘Jenny’ ou ‘Golden’ ?
Le kiwi, Actinidia deliciosa pour les variétés les plus répandues, est une plante grimpante caduque, qui fleurit en blanc au printemps. La culture de l’actinidia repose d’abord sur un point de biologie : la plupart des kiwis sont soit mâles, soit femelles, et seules ces dernières portent des fruits.
Choisir sa variété, c’est donc décider si l’on plante un kiwi seul ou un couple. Les graines ne sont pas une bonne piste : un semis donne un sujet mâle ou femelle au hasard, différent de la variété, après une longue attente. Mieux vaut acheter un plant de variété identifiée.
La variété ‘Jenny’ porte des fleurs des deux sexes sur le même pied. Un seul plant suffit donc pour récolter, d’octobre à novembre, des fruits bruns et velus, de taille moyenne, à la chair verte et sucrée, qui se prêtent aussi bien au smoothie qu’à la confiture.
C’est le bon choix pour un petit jardin ou pour un premier kiwi. Pour en savoir plus sur sa culture, y compris en grand pot, notre article sur le kiwi autofertile ‘Jenny’ détaille ses atouts. Un point de vigilance : autofertile ne veut pas dire rendement maximal. Un second kiwi, même un mâle comme la variété ‘Atlas’, améliore la pollinisation et la production.
➡️ Voir la fiche du kiwi autofertile ‘Jenny’
Le kiwi ‘Golden’ séduit par sa chair jaune,
sucrée et peu acidulée, et par sa peau lisse qui se mange sans éplucher. Retrouvez ses caractéristiques dans notre article sur le kiwi ‘Golden’ femelle. Il se plante avec le mâle ‘Golden’, dont la floraison coïncide avec la sienne. Un seul mâle peut féconder plusieurs femelles de cette variété.
Comment planter un kiwi et monter son palissage ?
Quand et où planter un kiwi ?
Choisissez le bon moment : un kiwi se plante au printemps, de mars à mai après les dernières gelées, ou à l’automne dans les régions au climat doux. Évitez les périodes de gel et de forte chaleur : la reprise y est plus difficile.
Pour l’emplacement, cherchez une exposition ensoleillée ou mi-ombragée, abritée des vents forts. Pensez aussi aux gelées tardives de printemps, qui abîment les jeunes pousses : un mur ou une haie bien placés limitent le risque. Le sol idéal est frais, riche en matière organique, profond et bien drainé, neutre à légèrement acide. Les terres calcaires favorisent le jaunissement des feuilles, et l’eau stagnante fait pourrir les racines. Prévoyez aussi de la place, car la liane est vigoureuse : respectez une distance de trois à cinq mètres entre deux pieds.
Comment monter le palissage d’un kiwi ?
Le palissage est essentiel. Installez ce support avant de planter, car une jeune liane se dirige mal une fois enchevêtrée. Le principe est le même contre un mur, le long d’une clôture ou sous une pergola : une tige verticale, deux branches principales horizontales, puis des rameaux secondaires répartis régulièrement. Voici le schéma à reproduire sur un mur ou une clôture :
- Fixez des poteaux solides ou des pattes de scellement, puis tendez des fils de fer galvanisés horizontaux, espacés de 40 à 50 cm, à une dizaine de centimètres du mur pour que l’air circule.
- Installez au pied du plant un tuteur vertical relié au fil du bas.
- Faites monter une seule tige jusqu’au fil le plus haut, en l’attachant au fur et à mesure.
- Arrivé au fil supérieur, laissez partir deux branches principales à l’horizontale, une de chaque côté, et palissez-les le long du fil. Ce sont les charpentières du kiwi.
- Chaque année, attachez les rameaux secondaires perpendiculairement aux branches principales, tous les 40 à 50 cm environ, sur les fils.
Sous une pergola, appliquez la même logique : la tige monte le long d’un poteau, les deux branches principales suivent les poutres, et les rameaux secondaires s’étalent en travers sur des fils ou des lattes. Dimensionnez les poteaux pour porter le poids d’une liane adulte chargée de fruits. Le principe vaut pour toutes les lianes : notre guide des plantes grimpantes détaille les supports et la conduite selon les espèces.
Comment planter un kiwi, étape par étape ?
Une fois la structure en place, la plantation se déroule en quelques gestes :
- Creusez un trou d’environ 50 cm de large et de profondeur, à une trentaine de centimètres du support.
- Mélangez à la terre du compost bien mûr ou du fumier décomposé.
- Humidifiez la motte, ou faites tremper le conteneur, avant de dégager le plant.
- Placez le plant sans enterrer le collet, rebouchez et tassez légèrement.
- Arrosez abondamment, puis posez un paillage pour conserver la fraîcheur et limiter les herbes.
- Attachez la tige au tuteur sans la serrer.
Comment assurer l’entretien et la récolte du kiwi ?
Pendant les deux premiers étés, l’arrosage est essentiel : un kiwi bien palissé et régulièrement arrosé s’installe beaucoup plus vite. Gardez le sol humide, notamment en période sèche, sans le détremper. Le paillage fait ici l’essentiel du travail, en limitant l’évaporation et les herbes concurrentes. Au printemps, un apport de compost ou d’engrais organique suffit à garder un kiwi en bonne santé. Évitez les excès d’azote : ils favorisent les feuilles au détriment de la floraison.
La taille du kiwi est le geste qui assure la récolte. Elle se pratique en fin d’hiver, avant la montée de sève, février au plus tard, et hors période de gel. On raccourcit les rameaux qui ont déjà fructifié, en les coupant à deux ou trois yeux après le dernier fruit, et on conserve les jeunes pousses de l’année précédente : ce sont elles qui assureront la production suivante.
En été, une taille légère complète le travail : pincez les nouvelles pousses pour aérer le feuillage et laisser passer la lumière. Au début, l’objectif est surtout de former une belle charpente. Pour aller plus loin sur la taille et la formation des fruitiers, notre guide complet sur les arbres fruitiers vous donnera des conseils.
Patience : un kiwi met souvent trois à quatre ans à fructifier après la plantation, puis la production augmente avec le temps, à mesure que la liane s’étoffe. La récolte a lieu en octobre et novembre, avant les grands froids. Le bon moment, c’est quand les fruits se cueillent encore fermes : ils finissent de mûrir à l’intérieur en quelques semaines, à température ambiante. Pour accélérer le mûrissement, placez-les près d’une pomme ou d’une banane, qui dégagent de l’éthylène, un gaz naturel qui stimule la maturation. Une fois mûrs, ils se dégustent nature, en smoothie ou en pâtisserie, et se gardent plusieurs semaines au frais.
Quelques problèmes reviennent régulièrement, et se corrigent facilement :
- Jaunissement des feuilles : il vient souvent d’un sol calcaire ou d’une carence en fer. Du compost riche en oligo-éléments et un contrôle du pH corrigent le problème.
- Absence de fruits : pas de pied mâle à proximité d’une variété femelle comme ‘Golden’ (ou plant mâle seul, qui ne fructifie jamais), sujet trop jeune, taille inadaptée, manque de lumière, excès d’azote ou manque d’eau pendant la floraison.
- Gelées tardives : elles brûlent les jeunes pousses. Un emplacement abrité et une protection hivernale pendant les jeunes années limitent les dégâts.
- Excès d’humidité : la pourriture des racines apparaît quand le sol est mal drainé, et le botrytis (pourriture grise) peut gagner les fruits. Les pucerons et les cochenilles restent rares et se traitent au savon noir.
Pour planter un kiwi avec succès, tout se joue avant la mise en terre : un emplacement lumineux et abrité, un sol frais et drainé, et surtout un palissage solide, avec une tige verticale et deux branches principales horizontales. Le choix entre ‘Jenny’, pour sa simplicité, et ‘Golden’, pour sa chair jaune, dépend de votre espace et de votre envie d’associer un pied mâle.
Ensuite, l’entretien reste simple : arrosage régulier au début, paillage, taille à la fin de l’hiver et un peu de patience avant la première récolte. Pour varier les plaisirs, associez-le à une vigne, dont les grappes mûrissent en fin d’été, ou à un mûrier, qui prolonge la saison de récolte. Pour imaginer un coin de verger autour de votre kiwi, notre guide des fruitiers au jardin donne des conseils de choix et d’entretien.
Toutes nos variétés sont à retrouver dans notre rubrique kiwis grimpants à planter dans votre jardin.
Je rédige ces articles pour que chaque conseil soit utile, concret et facile à mettre en pratique, de la plantation à l’entretien. Mon objectif est de partager le savoir-faire de Naudet, de transmettre notre passion du végétal et de vous accompagner dans la découverte de nos métiers, de nos engagements et de nos expertises.